interview
entretien avec Bouchaïb Farhan


      BF : Danino, est-ce ton vrai nom ?
Danino : Non, je reconnais. Mais c’est mon vrai pseudonyme.
      BF : D’où viens-tu ?
Danino : Est-ce vraiment important ?.
      BF : Oui, je crois. Mais c’est moi qui pose les questions. D’où viens-tu ?
Danino : Je suis né dans un pays situé au sud-ouest de la Belgique, la France. J’y ai grandi et j’y vis

toujours.
       BF : Que fais-tu ?
Danino : J’essaie de répondre correctement aux interviews, et en dehors de ça, je compose des
               chansons que je suis amené à chanter  devant le public ou sur un disque qui est en train de
sortir.

      BF : Pourquoi le fais-tu ?
Danino : Parce que j’aime ça et surtout, personne n’a tenté de me dissuader de le faire . Certains
               m'y ont    même  encouragé et je les ai écoutés, parce que j’avais confiance en eux et parce
             que ce qu’ils me  conseillaient  correspondait à ce que j’avais envie de faire..
      BF : Pour qui le fais-tu ?
Danino : ... Il est arrivé qu’à la fin d’un spectacle des personnes inconnues soient venues me trouver
             simplement pour me dire qu’elles ont apprécié les chansons, qu’elles ont été touchées.
               Alors , je veux bien le faire seulement pour elles… même si elles devaient n’être que peu
               nombreuses… et pour tous ceux qui veulent…
              On m’a dit que ce que j’écris, c’est pour les enfants… je suis d’accord. On m’a dit, aussi,
               que c’est pour les enfants pas trop jeunes… Je suis d’accord. Pour les jeunes, pas trop
              enfants, pour les adultes encore jeunes… je veux bien…  et pour les vieux jeunes, etc …
       BF : Comment le fais-tu ?
Danino : Quoi ?
      BF : Les chansons.
Danino : J’écris d’abord les paroles sur une feuille, et souvent, la musique s’impose d’elle-même. Il
              ne reste plus qu’à lui trouver un interprète, à la chanter soi-même ou à la ranger dans le
               tiroir (le 2ème en bas à gauche).
      BF : Ca suffit, pour faire de bonnes chansons ?
Danino : Je pense que oui ; enfin, il faut une bonne feuille avec de bonnes paroles et une bonne
               musique plus un bon interprète ou un bon tiroir.
      BF : Que viens faire le tiroir, là-dedans ?
Danino : Il sert à stocker les bonnes chansons pour les faire mûrir, en attendant de leur trouver un
              bon interprète…
      BF : Comment en es-tu arrivé à faire ce disque ?
Danino : C’est venu assez naturellement, tiens, bah... Comme guitariste, j’ai depuis longtemps
              accompagné pas mal de chanteurs et chanteuses sur scène ou parfois pour des
               enregistrements , surtout à Paris et dans sa région, puisque j’ai vécu là-bas jusqu’à l’âge
              d’au moins plus de trente ans. Ensuite, j’ai donné des chansons à différents interprètes,
               parce que je ne voulais pas chanter moi-même.
      BF : Pourquoi pas ?
Danino : Bah , c’est un peu particulier, comme activité... J’étais à l’aise en jouant de mon   instrument, mais pas en

              chantant. Ce qui me gênait, c’était que je croyais qu’en plus de chanter, il fallait faire des choses que       je  ne  pensais pas savoir faire.

      BF : Par exemple ?
Danino : S’adresser au public.. Paraître, être l’objet des  regards, adopter  une mise en scène
              infernale, voire un costume …    au secours !
      BF : Et maintenant ?
Danino : Je me suis rendu compte que je n’ai pas besoin de faire tout ça, ni de me faire tellement  de
               soucis... Il me   suffit de chanter simplement en y prenant plaisir, de faire de la bonne
              musique avec des musiciens quand  c’est   possible… Donc, j’ai arrêté de ne plus vouloir
               chanter, et c’est ce qui m’a amené à faire ce disque.
      BF : Qu’y a-t-il dans cet album ?
Danino : Des chansons qui ont toutes déjà été jouées sur scène, sauf une peut-être, et souvent pour
               un public   d’enfants. On me dit que ce sont des chansons qui racontent des histoires… Je
              suis d’accord, même si ce n’est   pas un objectif que je me suis fixé, car je ne me suis fixé aucun                                 objectif, si
ce n’est de faire quelque chose qui me plaise et qui puisse éventuellement plaire à d’autres.
      BF : C’est déjà un objectif de taille…
Danino : Oui… On me dit que les musiques sont variées, de même que les thèmes des chansons ;
               ça, c’est plutôt voulu…  On me dit qu’il y a une ambiance… ça me va…  Avant de boucler
              le disque, j’étais quelquefois saisi par le doute  quant à  ses qualités  artistiques et
              techniques, car je craignais de faire quelque chose qui ne tienne pas la route ;
              j’ai sollicité pas mal d’avis qui m’ont tous rassuré. Je tiens particulièrement à
              « merci,merci » que les jeunes ont    accepté de chanter, et qui  donne son titre au disque.
              C’est une chanson dans laquelle les enfants remercient, sur le
              mode ironique, les adultes, les générations précédentes, de leur avoir laissé une nature
              « dénaturée », une planète  dans un état pitoyable. Le dessinateur Fañch AR RUZ , qui a
              illustré tout l’album, s’est inspiré de cette chanson   pour réaliser la jaquette.
      BF : N’est-ce pas un peu trop « guitare » ?
Danino : Trop guitare ? C’est vrai qu’il y a beaucoup de guitare, mais je suis guitariste, alors ça ne
              m’étonne jamais   d’en jouer… et ça donne peut-être un côté intimiste qui ne me déplait
             pas  et un côté artisanal qui me convient aussi.
     BF : Et un prochain disque ?
Danino : Tout dépend de l’accueil et de l’audience qu’aura celui-là.