TOURNE-TOURNESOL
Paroles et musique : D. Hernandez
Derrièr’ les monts, après les bois,
Tout là-bas, dans l’arrièr’ pays,
Un jour, sans qu’on sache pourquoi,
Un tournesol avait fleuri.
Seul, au bord d’un sentier pierreux
Guère emprunté que par les loups,
Il s’ennuyait comme un p’tit vieux,
Se sentait tout triste et tout mou.
Refrain : Le tournesol
Criait : ça me désol’,
J’ suis prisonnier du sol,
Je vais devenir fol,
Fol, fol, fol,
Tourne-tournesol.
Un’ fleur, c’est comme un être humain,
Ca n’ peut pas rester toute un’ vie
Bêt’ment planté au bord d’un ch’min,
Sans un copain, sans un ami.
Pour s’échapper, le tournesol,
Sur ses racin’s, tirait, forçait,
Mais sans effet, car dans le sol,
Profondément ell’s s’enfonçaient. (au refrain)
Ah ! Si quelqu’un pouvait passer
Un beau matin sur ce chemin !
Quelqu’un de désintéressé
D’accord pour me prêter la main…
Il suffirait d’un coup d’ ciseaux,
Couic ! De me sectionner le pied,
Et aussi libre qu’un oiseau
Je sortirais de ce guêpier. (au refrain)
Il arriva qu’un promeneur
S’égar’ dans ce coin reculé ;
En le voyant, fou de bonheur,
Le tournesol crut s’étrangler.
Gesticulant de tout’s ses feuilles,
Il hurla des appels au s’cours,
Mais l’homm’ n’y voyait que d’un œil
Et comme un pot, il était sourd. (au refrain)
La fleur, s’étiolant de douleur,
Serait morte, sans ce lapin
Qui lui rendit tout’s ses couleurs
En dev’nant son meilleur copain.
Mieux, en cinq à six coup de dents,
Il libéra le tournesol,
Et les deux amis, fort contents,
Partir’nt pour la Costa del Sol.